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En moi
En moi, aux aguets elle est tapie Dans les moments où, impérieuse, l’envie grandit Attendant en silence de pouvoir exister Que je la laisse, enfin, pour un temps s’exprimer.
Mais dans le tumulte sans fin elle gémit Tout en courbant l’échine elle recule affaiblie Subissant une vie qu’elle ne peut pas aimer Elle se terre au plus profond de mes noires pensées
Lorsqu’un jour dans la campagne encore endormie, Elle hume le parfum du clair matin qui pâlit Je la sens qui s’échappe, et s’extirpe, libérée ; Hurle à la lune déclinante ses accents déchirés.
D’elle j’ai ce besoin de solitude et d’oubli Et cette force invisible qui à la terre m’unit La volonté farouche de protéger mon clan Le courage d’affronter de face tous les vents.
Que j’aime, que je me batte, Que je me soumette ou Que je renonce pour un temps C’est la louve en moi Qui vit tous ces moments.
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Sensations
Courir dans les feuilles tombées Sentir l’herbe fraîchement coupée Laisser le vent comme un amant caresser Suivre les nuages dans leur danse céleste Ne faire qu’un avec la mer déchaînée Se promener sous une pluie de printemps Parcourir pieds nus une plage sans fin Ouvrir ses volets sur un monde tout blanc Écouter le silence jusqu’à l’épuisement Rire à en avoir mal, encore et encore Galoper dans l’air frais du jeune matin Trouver un endroit où personne n’est jamais allé Etre à l’abri quand l’orage éclate enfin S’offrir aux pâles rayon du soleil hivernal Goûter au premier baiser des lèvres désirées...
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