Accès au forum

                             

 

Cheyenne Angel

Chris

Fatanneh

Louis

Métalorgie

NoClockThing

Romarie

Tinuviel

Viggobsession

Vilma

Waënelin

Ylang

 

 

Essence

La Doxa m’a dédié
Un ingénu Champagne
Cruel et doux mirage,
Emphatique apanage.

Ai-je jamais été
Ces volatils fluors
Qui délient lents et souples
L’acidité de l’air ?

Si tôt se creuse la noix
Qu’un vers persiflant ronge
Ses cernes ton de Sienne
Lentement étouffées

La Rhénanie amère
Cheveux au vent marin
Diffuse violemment
Une sueur malsaine

Des badauds insouciants
En fruste communion
Ravivent le venin
De l’éternel Souci

Ils ignorent qu’ils vivent
Mais vivent d’être vierges
Vierges du rostre dru
De Dame Vésanie

Trois colombes déteignent
Sur la ligne horizon
Furtif organdi bleu
Sabré par le Soleil

Jamais plus un sourire
Pour un instant volé...
Aux fenêtres s’amassent
Des estampes fanées.

 

 

 

 

L’été indien

Le Soleil étourdit
Depuis des jours peut-être
La cour au mur d’albâtre
Suintant d’indifférence
Des limbes bruns se crispent
Et hurlent leur malheur
Écorchés, résignés,
Lassés d’attendre encore
Que l’or rude et figé
A son tour s’évapore

Cou contrit, yeux blessés,
On s’essaie à la vie
Quand soudain surgissant,
Les maux blanc impérieux
Éventrent hiératiques
D’un silence strident
Tous ceux qui sans égide
Ont regardé Méduse

Ainsi entame-t-il
Les jours comme mon âme
Sarabande effrénée
mélodieuse et damnée.
Il paraît qu’aujourd’hui
Il faut se réjouir
Car sur Paris enfin
S’étend l’été indien.

 

 

 

 

Le messager

Le souffle court du Monde
S’engouffre sous ma chair,
Libérant avec lui
Fleurs de sel cristallines,
Parfums serrés de thym
Aux vapeurs anodines.

Hiatus d’un instant,
Il suspend impromptu
La léthargie fébrile
Qui traçait son absence,
Et son regard décent,
Comme un chant vers le ciel,
Exhale langoureux
De sauvages douceurs

Son nom est une histoire
De tendresse latine
Qui lui murmure ému
Le bleu de l’olivier
Sur Aspasie aimante
Louée par les cigales

Je me souviens d’un temps
Où le Péloponnèse
A enfanté un corps
Épris d’accents hellènes,
Qui puisait tout son sang
Dans le soleil allègre

Qu’importe désormais
L’inéluctable Sort
Puisqu’il veille en secret
Sur notre noble Grèce
Et n’a jamais quitté
Les colonnes de Delphes.

 

 

 

 

 La mer et le soleil

La mer s’est envolée, rosie par les flamants
Un soir où l’astre fier paradait mugissant.
Je venais d’immoler sur l’onde malicieuse
Mon corps transi d’amour, happé par les murmures
Ému d’être martyr d’un si grand crépuscule.

Au creux de l’Éternel elle a chanté la Terre
Puis lové mon courroux, m’assurant que jamais
Sous les vents incertains, fluctuants artifices,
Ne s’offrirait le ciel, gonflé de carmin chaud
Aux yeux évanouis qui toujours le voient bleu.

Les fils d’or ont glissé vers l’infini radieux
Se mêlant ardemment aux onguents éclairés ;
Alors d’un seul élan, heureux et triomphants
La mer et le soleil m’ont montré la lueur
Qui venait de sourire au dessus de mon coeur. 
 

 

 

 

 

 

 

 

 ______________________

© Ylang

Tous droits réservés - all rights reserved
Les images, photos et textes présents sur ce site sont la propriété exclusive de leur auteur