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Rêve
De cette douce chaleur où lentement je glisse Me parviennent en écho des murmures de délice Cette musique envoûtante venant des abysses C’est celle de ta voix, à la fois chaude et lisse. Recueillie, apaisée, je bois à son calice, Et t’écoute narrer les secrets des éclipses.
Enivrée de tes mots, j’entreprends un voyage : Juste en fermant les yeux, je poursuis les nuages Tu m’offres tour à tour les plus beaux paysages Et la vallée du temps, jusqu’au jour sans âge. Alors même les étoiles m’offrent leur sillage Et se mêlant sans fin, elles dessinent ton visage.
De chants et visions célestes, tu te fais magicien ; Et dans l’aube fragile je peux t’approcher, enfin ! Mais la nuit est trop courte, viens le funeste matin, Me laissant le goût amer de celui qui n’a rien... Alanguie et fébrile, j’essaie de te retenir, en vain : Tu disparais devant le jour, qui paraîtra sans fin.
© Rachel Bonomi / Tinuviel
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Lui
Elle est venue dans son grand manteau noir Éthérée, je ne voulais plus la voir, Sans prévenir il a hurlé son nom Sans me laisser poser une question
Son âme il lui a remis, silencieux Elle avait déjà volé mes aïeux Devant cette noire réalité Sourire, mains gelées, tête fêlée
Pourquoi vouloir revoir tous ces visages Plutôt que d’éloigner ce cauchemar À la lumière il me semble confus Il a choisi cette fin et s’est tu
Sans prévenir il a hurlé son nom
© Métalorgie
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Sensualité
Dans une nuit qui n'a d'égale Que la noirceur de mes envies Je tente d'ignorer le mal Que vient me souffler ma folie.
Tournez, tournez, songes brutaux ! Quand bien même je combattrais Vos sortilèges animaux Par l'illusion d'un air plus frais,
Vous reviendriez au matin Torturer mon esprit fébrile, Et j'attendrais toujours en vain Que cesse la ronde infantile !
A quoi servirait que je fende Mes désirs d'une lame acerbe : Que j'y succombe ou m'en défende, Ils restent vivants et superbes !
Ils se prélassent dans mon coeur Comme une belle au coin du feu, Et ressuscitent leur vainqueur Dès que j'en détourne les yeux !
- Dites-moi ! rêves tyranniques, Est-il juste que tant d'espoirs, Tant de fièvres mélancoliques, Tant d'appels lancés dans le soir,
Ne viennent frapper que la nuit Et son infâme pesanteur, Et que rien de leur sombre bruit N'éveille le trop pur dormeur ?
© Séverine
Folliard / Waënelin
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La mer et le soleil
La mer s’est envolée, rosie par les flamants Un soir où l’astre fier paradait mugissant. Je venais d’immoler sur l’onde malicieuse Mon corps transi d’amour, happé par les murmures Ému d’être martyr d’un si grand crépuscule.
Au creux de l’Éternel elle a chanté la Terre Puis lové mon courroux, m’assurant que jamais Sous les vents incertains, fluctuants artifices, Ne s’offrirait le ciel, gonflé de carmin chaud Aux yeux évanouis qui toujours le voient bleu.
Les fils d’or ont glissé vers l’infini radieux Se mêlant ardemment aux onguents éclairés
; Alors d’un seul élan, heureux et triomphants La mer et le soleil m’ont montré la lueur Qui venait de sourire au dessus de mon coeur.
© Ylang
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