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Wall, 1997 - in Recent Forgeries, p.18
Commentaire par Daudie
1/ VM et l'abstrait VM semble avoir pris
le parti de ne pas représenter la réalité du monde
sensible comme elle nous apparaît. La couleur supplante tout le reste: elle est l'instrument privilégié de l'expression de VM qui par elle veut susciter chez nous certaines émotions. A ce propos Jean Lacoste rappelle dans un Que sais-je que « le tableau, du fait même qu'il cesse d'imiter la nature pour exprimer une "nécessité intérieure" acquiert une certaine autonomie" et devient avant tout une surface colorée ». Quelle nécessité
intérieure transparaît des couleurs employées par
VM? Il est vrai que le style tag, "urbain" frappe lui aussi part son "inélégance" si je puis dire; les termes s'imposent à l'oeil de manière brutale, sans concession. L'écrit ici apparait omniprésent et sous toutes ses formes : minuscule, majuscule, au feutre, taggé, tracé avec le doigt peut etre sur la peinture (en haut). Un écrit cosmopolite, comme VM, espagnol et anglais se mélangeant au gré de la toile. Et pourtant cette toile reste très harmonieuse par un habile jeu de couleurs.
" La peinture
n'a pas toujours besoin de sujet... Le vrai sujet, en effet, c'est le peintre
lui-même, et ses émotions" Et de fait, comme je l' écris en intro, pour moi ce tableau est un instantané des émotions qui traversaient VM à cette époque... Révolte, violence contenue, brutalité... Cette peinture est peut etre un moyen de déverser, de se défaire, de sentiments enchassés, à l'étroit ou encombrants pour un esprit si...vif et si occupé. ------------------------------- (1) il s'agit en effet de Wet dog, un poème très dur dont le sujet est un chien battu. Voici l'extrait qu'on entrevoit sur la toile: « squeezing itself into the mildewed back corner of the half-tiled, half-rotten cement shower stall with quaking wet legs. Peeing on the plastic curtain, afraid of the beating it lives to wait for. »
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