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Communion
1.
Nous avons perdu le rivage, d’une certaine façon, Devenus
complices D'une théorie naissante ; Assez intimes pour parler Du désir et de la douleur de l’absence, Des erreurs que l’on pourrait commettre Si l'occasion nous en était donnée. Chaque sourire échangé Rend plus difficiles à éviter Les rêves qui nous révèlent Étendus à la fin du jour, Dans l'ombre des rideaux, peau Blottie contre la peau. Fleur de compassion, Respect des instants, Regard fasciné Qui devient pour toujours Un nouveau voile qui s'évanouit.
2.
Ceci après t’avoir vu(e) La nuit dernière ; pour la première fois T’avoir humé(e) Avec permission : tes épaules Pour m’émerveiller librement, Embrassées aussi délicatement Que ces bras Si follement espérés. Ils m’ont serré maintenant, Et ton souffle Le long de mon dos A chassé au loin l’air de la nuit Qui m’avait tourmenté Sur le seuil obscur De la porte anglicane.
3.
Sommes-nous perdus Pour avoir découvert Que nos visages s'accordaient Et voulaient en savoir plus Sur le matin ? Est-elle Rompue l'amitié Si nous ne pouvons plus jamais Nous appeler l’un l’autre En amnésie, nous
inviter Aux ultimes regards complices Sous les horloges sévères Qui nous disent quand nous en avons Eu assez ?
4.
Tes mains confiantes Berçant mon crâne Reconnaissant : abritais-tu mon visage Pour sauver une image Que tu t’es rarement permis de garder Après avoir quitté Cette froide alcôve ? Suis-je une photographie Que tu contemples Dans les moments de faiblesse ?
Tu m’as ordonné De me relever Pour venir dans tes bras. Ce n’était pas pour supplier Que j'étais à genoux ; seulement Pour te voir une fois D'en-dessous.
J’ai voulu dire quelque chose Qui emplissait ma bouche Et languissait de s'étendre Au creux de ton oreille. Je n’ose l’écrire De peur que cela ne devienne Des mots, juste Des mots.
Texte original: Communion, in Coincidence of Memory
(2002)
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