PATREKSFJÖRDUR

 

Je vais* écouter la même mélodie à tous les endroits où le temps permet à l'écho de faiblir.
Les paysages nous montrent pourquoi nous devons rester ou rester à l'écart.

La mouette figée là-haut, loin au-dessus du fjord, ne dormira pas tout l'été.
Comme elle, nous attendrons le retour de l'obscurité pour réparer nos nids.

Sur ses ailes repliées, le dernier rayon de soleil rivalise avec l'arc-en-ciel de minuit.
Elle transperce le frai ondoyant comme un récif argenté sur le gravier verdâtre.

Dans le glissement de la falaise qui s'effondre, la paroi schisteuse se reflète à plein dans l'autre miroir.
Je tente de toutes mes forces de voir la roue qui tournoie, puis sombre et se perd dans la mousse trop profonde.

 

* "go hear". Ici comme au dernier vers ("strain and see") impossible de savoir s'il s'agit d'un pronom sous-entendu ou bien d'un impératif (allez ou allons). L'ambiguité est probablement voulue.
De manière générale, la complexité de ce poème le rend presque impossible à traduire: référez-vous au maximum à l'original!

Texte original: PATREKSFJÖRDUR, in Linger p.18

 

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